La libération des leaders anglophones divise

Barrister Agbor Balla

Le 15 février 2017 le Ministre de la Communication a fait le point sur les procédures judiciaires qui visent ces personnes. Pourtant depuis des semaines, des voix des hommes de la société civile, des partis politiques et récemment de la Commission nationale des droits de l’Homme et des libertés s’élèvent pour demander leur libération.

Alors que les Régions anglophones semblent bien que mal retrouvées leur train de vie normale, la détention de ceux qui ont été désignés par d’aucuns comme les leaders de la contestation anglophone est de plus en plus réclamée. De nombreuses voix de camerounais d’ici et de la diaspora s’élèvent dans ce sens. La Commission nationale des droits de l’Homme et des libertés dans son rapport concernant la crise l’a fait, avant la société civile les chefs traditionnels du Nord-Ouest l’ont fait, sans toutefois oublier Ni John Fru Ndi le Chairman du Social Democratic Front (SDF) qui dans toutes ses prises de parole n’a eu de cesse de demander au Gouvernement de relaxer les personnes arrêtées.

Il faut peut-être rappeler comme l’a fait le quotidien Mutations édition du 17 février 2017, que sur 82 personnes qui ont été interpellées après les manifestations de Bamenda et de Buea, 21 ont recouvert la liberté. Et sur les 61 autres qui restent en détention, il se trouve que 31 parmi elles, sont en instance de jugement au Tribunal militaire de Yaoundé. Lors de la conférence de presse du 15 février 2017, Issa Tchiroma le Ministre de la Communication (MINCOM) en faisant le point sur les procédures judiciaires visant les mis en cause dans la crise anglophone, a indiqué qu’«aucune des personnes poursuivies ne l’est pour le simple fait d’avoir fait la grève».

Il a déclaré «les personnes en instance de jugement sont poursuivies pour les chefs d’accusation suivants : actes de terrorisme, hostilité contre la patrie, sécession, révolution, insurrection, outrage au Président de la République, outrage aux corps constitués et aux fonctionnaires, rébellion en groupe, guerre civile, propagation de fausses nouvelles, apologie de crimes. A ces chefs d’accusation principaux, il faut prévoir d’ajouter ceux qui pourraient ensuite être liés à leurs conséquences prévisibles». Seulement la classe des politiques interrogée pense que libérer les personnes en détention, permettrait d’apaiser les tensions. Alice Sadio présidente de l’Alliance des forces progressistes soutient que la détention de ces derniers, contribue à envenimer la situation.

Mutations écrit qu’en retour de ces divers appels «le Gouvernement oppose la prééminence de l’Etat de droit sur toute autre considération».


 

 

-CIN

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